lundi 22 mars 2010

Foire aux disques de la Carène : pêche du dimanche

Faire un tour à la foire aux disques de la Carène, c'est plonger dans un univers de vinyles, CDs et BDs d'occase en prenant le risque de rester enfermé pendant des heures, de discuter avec les collègues qui déstockent, croiser les copains venus pour faire pareil et ne pas profiter du soleil. Se retenir d'acheter tout ce qui passe dans nos mains. Trancher dans le vif. Cédés à moitié prix ou à tiers, mais l'abondance, mes penchants musicaux non-tranchés entre pop-rock et électro (moins représentée quand même), ma curiosité pour le jazz rendent le choix difficile.

Je passe les CD un par un, tiens celui-là je l'ai, celui-là je connais hahaha, mince j'aime bien cet artiste mais je ne connais rien à ses albums. J'ai plutôt tendance à faire plusieurs écoutes avant de me lancer dans l'acquisition d'un album, et ma curiosité m'engagerait à remplir un sac-à-dos.

Entre préparation (les groupes que je recherche) et impro totale, le résultat de la pêche, une prise que risque quasi-nulle, mais je me fais une note mentale pour de futures écoutes et futurs achats.

- "Harvest" de Neil Young, dont l'emprunt à une copine a tourné à la prise d'otage et qui tourne en boucle dans la voiture. Ma chanson préférée est la première de l'album, Out for the week-end.

- "The colour and the shape" des Foo fighters, un album qui fait partie de mon top 10 des années 90 (avec les Lemonheads, le Teenage Fan Club et les Posies) et que j'écoutais euh ... sur deezer. J'en ai même encore certains sur cassette, dont quelques black sessions des inrocks ... collector !

- "The Coral", du groupe éponyme. J'avais découvert le groupe et son album précédent, le magnifique "Magic & Médecine", chez mon disquaire préféré. Les albums dont on ne jetterai pas un titre sont rares, c'en est un. "The Coral" demande plusieurs écoutes encore, avec la sensation d'être en terrain bien connu mais l'album est suffisamment différent du suivant. Il semble de la même veine : rien à jeter. Bref, bonne pioche. Merci les archives des Inrocks, plus d'info sur le groupe et ces deux albums par ici:

http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/the-coral/

http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/magic-medicine/

Les albums de The Coral sont en écoute intégrale sur Deezer, mais je me fends d'un petit aperçu (difficile tant les morceaux sont variés).

Découvrez la playlist the coral avec The Coral

lundi 8 mars 2010

very bad trip

On aimerait ne voir que le côté lumineux des gens. Supprimer par la seule force de la pensée la simple possibilité que la méchanceté et la noirceur existent en dehors des livres. Se rassurer en pensant qu'on navigue hors de ces chemins tristes et nauséabonds.

Vivre un vrai polar, glaçant comme une mauvaise descente de trip fait rarement partie des expériences dans la liste des voeux de nouvelle année.

Il suffira pourtant de ce garçon si sympathique qu'on ne connaît pas tant que ça finalement, si possible avec un petit accent des pays de l'est. A qui on fait confiance à cause ou pour une amie.
D'une fille un peu naïve, qui croit un peu son intuition et beaucoup en l'être humain.

Ils ont rendez-vous et elle le trouve accompagné de deux spécimens malfrats d'un genre duquel elle a déjà eu affaire. Pas sympathiques et pas l'air malin. Et ça cause. Affaires justement. Quelques mots sont lâchés "fric", "millions", "buter". Des éléments familiers et contradictoires se télescopent, une discussion à 4 qui se poursuit en tête à tête. Rires nerveux. Une brève analyse de la situation la font passer de l'incrédulité à stupeur et tremblements. Confrontation de "lui-tel-qu'elle-croyait-le-connaître" et "lui-tel-qu'elle-le-voit-là". Le personnage connu débonnaire et souriant s'est transformé en inconnu vindicatif et macho. Abasourdie. Les bruits, les rires et les lumières du bar s'effacent avec son sourire pour laisser place à une sorte d'horreur froide et dégueulasse. Colère. Eclats de voix. Ce n'est pas possible et le déni est alors la seule façon de sauver la mise.

Mais une précédente rencontre soldée par une immense déception a ouvert la brèche de la confiance donnée. Finalement c'est cette précédente rencontre qui rendra possible l'inacceptable et lui permettra d'exister. Et c'est ce côté obscur, celui qu'elle découvre et refuse qui gagne le combat.

La suite c'est qu'elle n'arrive pas à trouver la sortie, comment s'effacer. Quelque chose la retient ou la pousse. Un sentiment d'impuissance. Elle n'a plus la force de rire ni de parler mais donne le change. Elle ne se taira pas et est prête à en assumer les conséquences. Alors que se passera-t'il demain matin, tout à l'heure ? Qui s'est déjà trouvé confronté à la possibilité de sa propre mort se pose forcément la question ce qu'elle pourrait être. Pas celle des autres, juste ou injuste, volontaire ou accidentelle. La sienne. Après tout qu'est ce que c'est ? Juste un moment à passer, pour aller nulle part mais le moins péniblement possible puisque c'est inévitable. Allons.

Un grincement de porte et un frisson irrépressible et durable. Le calme. L'attente. Rien. Elle se lève.

Un café, des confidences, plusieurs explications et une heure plus tard, il ne reste que l'histoire d'un conte à faire peur aux grandes filles. Une histoire nauséeuse incarnée de manière trop réelle.

Le garçon sympathique était à bout. Un mélange de ras-le-bol, pression, fatigue, alcool, excitants. Elle comprend. Mais elle ne pardonne pas. Une nuit d'angoisse ça ne s'oublie pas. Parce qu'est-ce qui a poussé le garçon si sympathique à tenir ce rôle sordide et vouloir faire vivre sa propre souffrance ?

C'est fini. Il reste une sensation, indéfinissable, que tout a changé. Ecrire. Les mots servent à laisser une trace pour ne pas oublier et éviter que la colère ne fasse cet office et s'installe profondément.

dimanche 7 mars 2010

tristesse

http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/t/43481/article/mort-de-mark-linkous-de-sparklehorse/

Télérama lui rend hommage ici . A voir pour les vidéos Youtube notamment( dans la page et en commentaire).


J'avais découvert son travail par le magnifique album/projet Dark night of the soul.

Ironie du sort, la parution de l'album, bloquée par un désaccord avec la maison de disque, allait/va finalement avoir lieu. Je ne l'écouterai plus de la même manière

Tristesse.

Deux morceaux de Dark night of the soul : Revenge



et le magnifique Star Eyes

the bellrays vs the xx : aux antipodes des expériences musicales

Evidemment il n'est pas question de comparer les styles musicaux de ces groupes.

J'ai fait l'expérience des deux cette semaine. J'ai vu les premiers en concert et écouté les deuxièmes en boucle.

The Bellrays, c'est pas mon truc. Elle chante bien, mais le côté Tina Turner ... un peu trop vieux. Ce qui est surprenant c'est que la musique n'a pas ce côté "vieillot" : on y collerait dessus une bonne voix de hard-rock ça marcherait toujours !!!! En tout cas je me suis retrouvée à danser et bouger la tête ... comme si mon corps était dissocié de mon cerveau. Inquiétant. J'avais vu quelque part que Freud comparait la musique à l'hypnose. C'est peut-être ça.

Bref, il y a des groupes qu'on apprécie en concert et qu'on n'écouterait pas chez soi. Je l'ai déjà dit, le contraire est vrai aussi. C'est là que j'en viens à The XX. Ils proposent une musique relativement introspective. J'ai été surprise, en écoutant leur album à différents moments, que leur musique amplifie l'état d'esprit dans lequel je me trouvais, et deux cas sensiblement différents quand même. Dans un cas, j'étais plutôt d'humeur mélancolique, dans l'autre, je me reposais au soleil comme un chat en état de semi-léthargie. Chaque fois, la musique convenait parfaitement. Lorsque je me reposais, je ne retrouvais pas cette touche mélancolique que j'avais ressentie et bizarrement, la musique allait jusqu'à produire la création d'images mentales favorisant la relaxation.
Bon je ne prends rien hein !!!(ça vaut d'être précisé) mais j'étais dans un état de fatigue extrême.


Et le lien le voilà : je me demande bien ce que the XX peut donner en concert.
Un début de réponse ici d'après les Inrocks.


Shelter



L'intro de VCR me fait beaucoup penser à celle de "The time that's mine" des Miserable Rich. J'ai fumé la moquette ?



java c'est pas d'la menthe à l'eau

Notre relation remonte à il y a plus de 10 ans. Je découvrais sur scène un groupe à moitié en survêt. Je ne me souviens plus mais je ne crois pas que c'était eux que j'allais voir, ils devaient faire une première partie. Mais quelle première partie !!! Chronique d'une toxine. Le plaisir des bons mots et des jeux de mots, scandés sur un rythme entre rap et musette. Découverte. Des textes à la Audiard. Tombée dans la marmite.

L'histoire se poursuit avec Hawaï, un album aux textes ciselés. Franchouillard mais ça nous parle et ça nous donne envie de faire tout valser sur un air de bonne humeur.

Vieilles Charrues. Je me souviens encore de leur arrivée sur scène, un début d'aprem au soleil devant un parterre entre attente et décuitage. Erwan arrive, on peut lire la surprise sur son visage et je crois même qu'il recule. Et oui. Enorme, même si c'est pas plein, en plein jour on voit tout le monde de la scène. J'en ai fait l'expérience il y a deux ans, en montant sur la scène Kerouac après un concert. Tout le monde se barrait voir le groupe suivant. Coup de bol la personne qui nous faisait visiter ne savait pas qu'on n'avait pas trop le droit. Bref, impressionnant. Pour en revenir à nos amis guincheurs, nous avons pu découvrir leur goût du déguisement et de la mise en scène. L'apparition de Dieu aux Vieilles Charrues est un de mes meilleurs souvenirs du festival. Pensez-donc, ça ne doit pas arriver souvent dans une vie une occasion pareille.

Suit Safari croisière mais l'album n'arrive pas à me convaincre. Déception. Rupture.

Lorsque j'ai vu que Java passait en concert à la Carène, je n'étais pas sure de vouloir y aller. Une écoute ou deux après Maudits français, je décidais de reprendre notre relation où nous l'avions laissée.

Non le nouvel album n'évite pas les redites, on revisite les thèmes qui ont fait le succès du premier album : terroir, bière et culture franchouillarde. Les bons mots ne sont pas encore à la hauteur des attentes du 1er album, mais pas mal. Je me marre, j'aime. Ta gueule aussi, pour moi c'est leur version de la fièvre de NTM. Ouais ça sonne mais non, définitivement non, l'auto-promo, auto-satisfaction, je-descends-les-autres j'adhère pas.

Revenons au concert. Pas déçue. Deux heures de pur spectacle. Du grand guignol me dit-on. Mais moi j'ai déjà un plein sac de souvenirs et ça compte. On aura remarqué une diction un peu rapide (accélérée en milieu de spectacle) qui ne souffre pas la méconnaissance des textes pour arriver à suivre. Un spectacle un peu décousu qui passe le nouvel album en revue et pas mal d'anciens morceaux. Très probablement dû à l'envie de trop en faire pour ne pas décevoir, on ne leur en tiendra pas rigueur. Je suis bon public et m'y suis laissée prendre avec plaisir et un grand sourire. Le public renvoit l'énergie que Java nous donne, et moi aussi. Je chante, je connais par coeur ou presque les paroles du permier album, je crie (j'hurle à décalquer les oreilles des copains), je danse. Java, c'est pas d'la menthe à l'eau ! Ils ont mis le feu.

samedi 6 mars 2010

quizz défonces et grosses bitures

Les Fauvettes organisent régulièrement des quizz. Ou plutôt cherchent des gens pour organiser des quizz :)

Voilà celui de mardi dernier : http://newreborn76.blogspot.com/2010/03/playlist-defonces-et-grosses-bitures.html

Dommage il manquerait "je suis saoule" de Rachel des Bois, avec un texte incisif ... mais on ne peut pas tout mettre !!!

vendredi 5 mars 2010

technologie et fracture sociale

On lit beaucoup à quel point et à quelle vitesse la technologie change et ce qu'elle peut nous apporter : confort, gain de temps ...

On lit aussi à quel point elle a changé notre vie pour faire de certains d'entre nous des accros geeks en quête permanente de nouveauté. Que cela réponde à une soif de connaissance, de maîtrise ou de nouveauté, chacun est juge.

On parle de fracture numérique, de ceux qui n'ont pas accès au St Graal internet (c'est sûr, la cause est bonne).

On parle aussi de la dépression liée à l'usage d'internet, facteur ou révélateur d'un état d'isolement.

Ce qu'on lit plus rarement, c'est que pour une part infime de la population qui s'y retrouve (quel pourcentage de la population dépasse les usages basiques du web ?), il reste les autres, les laissé-pour compte de la technologie, insensibles à ses sirènes.

On voit déjà à quel point certains métiers ont été révolutionnés : les multi-tâches/mal-payés font partie de notre quotidien. Des tendaNces lourdes pour le journalisme, les communicants, mais pas seulement. Comment les salariés vivent l'évolution de leur poste ? Les techniciens, les ingénieurs sont régulièrement formés par leurs entreprises pour continuer à être productifs. Mais quid du comptable ou du commercial qui voient les outils se multiplier pour "leur faciliter la vie" mais surtout et encore accroître la productivité et la traçabilité.

"Vous n'avez pas travaillé ce matin", voilà ce que sort un jour le chef d'équipe FT à une amie. Si, mais le système étant en rade la veille, finalement pour ne pas perdre de temps elle ne s'en est pas servi. La téléprospection, basée sur une centrale d'appels automatiques : un argumentaire en mains, pas besoin de réfléchir. Mais pas de pause non plus. Tu raccroches, la centrale compose un nouveau numéro.

On ne lit pas comment l'accélération technologique peut accentuer la fracture sociale. Si les entreprises qui réorganisent à tour de bras créent ainsi un mal être chez leurs salariés, qu'en est-il des outils technologiques ? Que se passe-t'il pour ceux qui ne sont pas tombés dans le chaudron et subissent l'ère des nouvelles technologies et leur perpétuelle évolution ?

"Si l’adaptation au changement est un facteur nécessaire de progrès, on ne peut cependant ignorer qu’elle s’accompagne de coûts économiques, sociaux et humains, ceux-ci pouvant expliquer souvent une complaisance, plus ou moins générale, à l’égard des résistances individuelles et collectives qui ne manquent pas de se produire. Les coûts économiques tiennent aux rationalisations et aux restructurations, qui peuvent affecter des pans entiers de l’activité économique, et des régions importantes. Parmi ces coûts économiques qui en découlent, le chômage est le plus grave.
Quant aux coûts humains de l’adaptation, ils frappent les individus qui ne peuvent, du fait de leur âge, de leur formation, de leurs traditions, faire preuve de la mobilité géographique ou professionnelle nécessaire aux transformations requises.
On rencontre là le douloureux problème des « laissés-pour-compte » du progrès. C’est pourquoi on a pu voir se mettre en place, dans les pays affectés par d’importants changements, des politiques dont le but est de réduire leurs coûts ou d’en atténuer les effets négatifs. Elles ne seront cependant efficaces que si elles aident les victimes du changement à s’adapter aux nouvelles conditions de l’activité et si elles, sont temporaires ; sinon, elles tendent à entraîner chez les individus une acceptation passive du changement et à perpétuer des situations artificielles. La politique d’adaptation ne saurait être une politique durable de l’assistance généralisée. (…)
Raymond Barre, « Changer pour progresser », Le Monde, 21 octobre 2003.


Bon voilà tout ce que j'ai trouvé. Apparemment ça n'a pas marché.