samedi 2 avril 2011

Les règles de Ladilyke Lily et le pénis de Troy von Balthazar

Avec un titre pareil, racoleur et tout j'ai presque envie de m'arrêter là.
Vous laisser là, balots face à ce titre provocateur sans en expliquer le pourquoi. Hummmm ... tentant.

Il n'y a pourtant pas à creuser bien loin. Hier soir, j'ai fait une infidélité à mes lieux de prédilections brestois. Direction le Manège à Lorient pour les concerts de Ladylike Lily et Troy von Balthazar. Date attendue depuis que j'ai reçu l'info par la newsletter de l'asso MAPL (PUB !).

Première fois en ce lieu dont on m'avait vanté l'acoustique, premier concert auquel j'ai pu assister parmi la belle programmation. Je ne peux que vous inciter à découvrir cette salle à l'occasion d'un concert. Petite certes mais bien agencée, bon son, bonnes lumières, ambiance sympa. Un bâtiment surprenant et magnifique (la prochaine fois j'en fais quelques photos en extérieur). Allez ! la minute Jean-Pierre Coffe est terminée.


En réalité (oui oui j'arrive au titre) je triche à peine. Ladylike Lily que je découvre n'est pas si innocente qu'elle en a l'air. Avant de décaper un peu, je peux dire que oui c'est bien. Le morceau en question, il parle des règles de sa soeur (voyez que je triche à peine). OK il faut oser, même si le thème est la difficulté de tomber enceinte. Que reprocher à cette jeune artiste qui semble savoir où elle va ? Qui amorce un dialogue avec le public alors que c'était apparemment son point faible il y a quelque temps ? Elle reste encore un peu dans sa bulle. Comme elle est dans cette vidéo vous la verrez sur scène. Et ça c'est l'effet loop. Le deuxième effet kiss cool n'est pas si cool. (NB : le monsieur qu'elle remercie au son est un des musiciens de Last Morning Soundtrack, groupe dont j'ai déjà parlé et que j'aime aussi beaucoup). Du bon, du bon !



Continuons la démonstration. Troy von Balthazar (allez voir wikipédia pour le pédigree) n'est pas un nouveau venu. Moins énervé sur scène que lors des concerts de Chokebore, on dirait qu'il roule une grosse pelle au micro quand il chante. Il commence seul sur scène, les yeux fermés (tout le concert quasiment), avec les loops. Ah oui encore des loops, comme disait Orianne (Ladylike Lily), il se passe plein de choses dans sa tête, c'est la façon de les faire sortir. Ben oui mais le résultat sur scène, c'est un artiste qui reste dans sa bulle. Et ça, les bulles, je connais !!!

Bref, le batteur de Chokebore et une bassiste le rejoignent, c'est plus speed. Parfait. Manquait les moments complices entre les membres du groupe que l'on aime tant percevoir. La batterie était bizarrement orientée de travers, sans faire entièrement dos au public malgré tout. Peut-être était-il triste ?
C'était beau, mais il aurait sans doute fallu apporter une longue plume pour les chatouiller un peu et les faire communiquer, c'est à dire "two way direction speech".
et hop ! chopé les yeux ouverts !



En attendant, moi je trouve ça rassurant que les artistes aient les mêmes préoccupations que nous, après tout, et qu'ils l'expriment aussi bien. On se sent moins seul, et on se sent mieux non ?

Allez, bisous !

De belles photos ici : http://www.julianelancou.fr/gallery/troyvonbalthazar/

Une vidéo que j'aime, pleine de petites étoiles et de malice ici



Troy von Balthazar : http://www.troyvonbalthazar.net/
et www.myspace.com/troyvonbalthazar
Ladylike Lily : www.myspace.com/ladylikelily

vendredi 4 mars 2011

Je veux être un chanteur Folk

Parce que si tu es un chanteur Folk, c'est sûr tu as une guitare et personne ne voit que tu as du bide. En fait, tu n'en as pas parce que tu es prof et que tu ne gagnes pas trop bien ta vie sauf pour t'acheter une super guitare et du coup tu manges des pâtes tous les jours. Tu en auras dans 10 ans, à force de boire des bières à la fin des tournées. Et des répets aussi.
En attendant tu peux porter des T-shirt loose mais près du corps (tout est là), et des jeans hors d'âge et rien qu'avec ça c'est vraiment trop la classe.

Regardez pas mes yeux, j'ai pas trop dormi. Juste mon T-shirt
Tu n'es pas obligé de vraiment chanter, tu peux poser une petite réverb comme ça sur ta voix, et ça passe nickel. Et puis tu peux fermer les yeux aussi si tu as des gros cernes de la soirée d'hier, c'est pas grave, c'est folk.

Tu chantes du folk et toi tu peux danser sur scène accroché à ta guitare alors que le public en bas, il peut pas, il n'ose pas parce que c'est du folk, alors on reste stoïque, on ne danse pas sur du folk.

Et comme tu chantes du folk tu peux caser comme ça "the more that I can do is share my loneliness with you", avec un petit air limite entraînant. Alors qu'en fait il vallait mieux ne pas comprendre les paroles cette fois. Ah oui parce qu'un des inconvénients du folk quand même, c'est que contrairement au rock où ça gueule pas mal et où les instruments couvrent souvent la voix du chanteur, là en fait on comprend ce que tu dis. Et ouais.

Après avoir bien plombé l'ambiance, tu vas quand même sussurer "with you", et avec ces deux mots-là tu as le pouvoir de faire évacuer toutes les tensions de la journée. Limite de faire tomber les armes. Moi ce matin, je me sentais plus en jambes pour un bon concert rock, mais là arrivée à 20h30, un concert folk avec la possibilité de s'assoir par terre parce qu'il n'y aura pas trop de monde (ben oui , c'est folk) ça me tentait pas mal avant d'aller dormir. Mais oui mais en fait non.

Ce soir c'était soirée Bretzel à la Carène et j'ai encore oublié mon appareil photo. Ah non ! Pas bretzel, Herzeld, du nom du label strasbourgeois. Il fallait que je place une blague pourrie, c'est fait. OK il y en a plus ? D'accord. Donc c'était soirée Herzfeld, annoncée soirée folk. Ah mais oui mais non. Le folk il a muté, les mecs, il faut se réveiller. Le folk mélange plein de pop, d'électro et même de rock. Faut suivre un peu aussi. Pop Folk. Mais pas que.

Je rate le 1er groupe, Original Folks. Tant pis ils ne passeront pas à la casserole cette fois.

Le suivant c'est The Second of June et franchement blagues à part j'ai accroché. Avec des références maîtrisées, des bonnes ! Cure. Je me suis demandée à un moment  si je ne m'étais pas trompée de soirée avec le Tribute to Joy Division, mais non, c'est la semaine prochaine. Aaron aussi. A ce stade, la soirée était gagnée. A écouter : "June the Third" (le fameux "with you"), "Litany", allez faire un tour sur leur myspace.

On ne peut pas dire que Roméo et Sarah ait réussi le même exploit du 1er coup. J'ai cru qu'on nous la faisait genre "Bonne nuit les petits", puis "dégagez, ya plus rien à voir" avec tour à tour un morceau trèèèèès lent dont le seul élément intéressant que j'ai retenu est la trompette (ok, il y avait aussi la belle voix de la chanteuse) puis un morceau trèèèèès strident et énervant. Et ensuite un morceau pour des vacanciers en Corée qui m'a surtout fait penser à Hawaï mais encore plus à prendre la poudre d'escampette lorsque la chanteuse s'est mise à répèter des mots au synthé. Sur ce, je vois le bassiste qui commence à s'énerver genre danse de saint guy mais juste le haut du corps. Et non il n'est pas sous ecstasy. On dirait qu'il va crier "putain de bordel de merde, c'est pas bientôt fini ces conneries ????" Et là, c'est la classe, un morceau énooooorme, qui part en live genre dans ce qu'il y a de meilleur, entre une impro de jazz ou de Sonic youth. Rien à voir, je sais, mais c'est comme ça que je l'ai vécu. Le morceau qui sauve le reste. Jusque là je me demandais où ils voulaient en venir. Brouillon quoi.

Alors là après c'est THE surprise, pas annoncée. Et ben il fallait RESTER !!! Et c'est ce que j'ai fait, trop cool non ? Herzfeld Orchestra, c'est un mix des trois groupes. Tournante de chanteur, style aléatoire. Ou roulette russe au choix, un coup déprime, un coup festif. C'est dans le festif qu'ils sont meilleurs, il s'amuse et nous aussi, ce bagad strasbourgeois, qui n'est pas sans me rappeler I am from Barcelona.


Label Herzfeld : http://www.myspace.com/herzfeldlabel
A second of June : http://www.myspace.com/asecondofjune
Romeo and Sarah : http://www.myspace.com/romeosarah
Original Folks : http://www.myspace.com/originalfolks

samedi 26 février 2011

Indignez-vous !

Le livret (moins de 30 pages) de Stéphane Hessel paru fin 2010 pour 3 euros (à ce prix-là, ça vaut le coup de se faire une idée) commence tranquillement à faire des petits. On en parle dans Télérama, on en parle à la radio. On le cite en référence lorsque l'on parle d'un écrivain, qui s'indigne justement.
Je ne vais pas faire la présentation de ce jeune militant de 93 ans, d'autres comme wikipédia s'en sont chargés avant moi.

Non, ce qui m'a donné envie de réagir et d'en parler, ce sont les deux émissions que j'ai entendues jeudi sur France Inter et Europe 1.
Jeudi midi, café découverte sur Europe 1 : Brasillac fusillé il y a 66 ans.
Jeudi soir, 5/7 boulevard sur France Inter interview Pierre Daix pour son dernier bouquin, "Des forteresses aux musées" (voir ici la présentation du Monde Livres).
Deux émissions sur des écrivains de la deuxième guerre mondiale, deux personnages aux antipodes, deux destins qui ont le mérite de nous faire réfléchir et qui finalement tendent vers une même conclusion : "seule l'histoire juge qui a raison" dit Brasillac.

Le plus évident, c'est Pierre Daix et son livre que je ne manquerai pas de lire. Il a cotoyé Aragon et Picasso, il a survécu, il était "du bon côté". Mais le communisme et ses charniers ont aujourd'hui montré leurs limites. Se replonger dans notre passé, nous le devons pour construire l'avenir.

Quant à l'émission sur Brasillac, c'est François Maurillac qu'elle me donne envie de lire avant tout. "...L'épuration à Paris presque toute concentrée sur les écrivains ... ce qu'il y a de meilleur en France ne se console pas de la destruction d'une tête pensante, aussi mal qu'elle ait pensé."

Ne l'oublions pas, avec nos grandes idées. Continuons à penser, dire, seuls ceux qui se taisent ont toujours raison. Quand on se trompe en France on en paye les conséquences. On aime lapider les gens, même si ce ne sont plus des pierres que nous utilisons. N'est-ce pas de cela qu'il faut s'indigner pour commencer ?

Avancer avec le respect de l'autre et ne pas oublier que la vérité est ailleurs. Après nous en fait, et sans doute ne la connaîtrons-nous jamais ...

La scène brestoase est dans la place !

Vous aimez la musique, vous vous intéressez à la scène brestoise ? Vous avez un peu de retard à rattraper et besoin d'un décodeur?

Pas de problème, ça se passe par là : http://www.television-generale.net/

TGB propose à travers son Brestorming une chronique de la scène punk/métal/hardcore de 90 à 2000.

Zyva !

dimanche 28 novembre 2010

I come from pop et petites brestoiseries

Qui suit un peu la très active scène brestoise n'a pas pu passer à côté des mélodies d' I come from pop. Ils passent régulièrement à la Carène, font partie des 10 finalistes du prix Mediator du journal "Ouest France" (ok, le nom du tremplin est douteux, pour un journal d'actu on a connu mieux).

Ce sont un peu mes chouchous je dois bien avouer ne plus être très objective quant à leurs prestations. Mais comment ne pas se laisser charmer ? Car I come from pop cultive sans artifices un certain décalage. J'ai déjà parlé de la voix androgyne du chanteur, à laquelle tout le monde se laisse prendre.

Jeudi lors de la très réussie release party de leur EP à la Carène, une amie m'a demandé qui chantait alors que nous étions face à la scène et n'a pu réprimer un "c'est lui !" lorsque je lui indiquais un barbu à lunettes et chemise de bûcheron grattant négligemment sa guitare assis sur une chaise. Et oui, encore une qui s'y laisse prendre, elle m'avoue s'attendre à une chanteuse et je la rassure en lui disant que ça m'a aussi fait ça la 1ère fois.
Finalement, c'est donc une sorte de dépucelage qu'un 1er concert d'I come from pop, et autant dire qu'une fois les mélodies installées dans un coin de votre cerveau elles n'en sortent plus.
Et je n'ai pas encore décrypté tous les thèmes de leurs chansons, mais je ne pense pas trop me tromper en disant qu'elles sont beaucoup moins sages qu'elles n'y paraissent, de même qu'un son pop d'abord sucré fait rapidement place à des accords et à un fond résolument rock.
Je n'en dirai pas plus pour ne pas déflorer le sujet et risquer de gâcher les préliminaires.

La release party I come from pop était donc une soirée très réussie, le groupe était très à l'aise, et je ne peux que vous inciter à aller les voir sur scène.
Ils ont de plus eu la très bonne idée de s'entourer d'amis et d'inviter Carp en 1ere partie de leur concert. Bref, un succès. Sur ce je vous laisse avec une vidéo en plein air que j'aime beaucoup


I COME FROM POP from MrBo on Vimeo.


Le myspace d'I come from Pop c'est par ici : http://www.myspace.com/icomefrompop
Le myspace de Carp, c'est par là : http://www.myspace.com/carpmusic

"Le nom des gens" un film qui a du sens

Une fois n'est pas coutume, un film qui donne envie de parler de lui. Un film frais et engagé, qui traite de sujets durs avec légèreté et drôlerie. Après avoir vu quelques petits films qui donnent juste envie de dire "vas-y, tu passeras un bon moment", pour ne pas les citer "Les petits Mouchoirs" et "Date limite" (en fait celui-là je ne le recommande même pas, sauf pour Zach Galifianakis qui est absolument génial), voilà un film qui donne envie de pousser les gens dans la salle. Oui oui, il faut parfois mettre un peu de force dans ses convictions.

Mort, viol, faschisme, politique, religion, génocide ... aborder seulement un de ces thèmes suffirait à en faire fuir plus d'un. "Le nom des gens" parvient au tour de force de les rassembler et d'en faire une comédie engagée et pleine d'espoir. Les non-dits sont assassins. Le ton ici est libre. Le réalisateur aime ses personnages et ses acteurs, très bons, qui portent le film à nos coeurs et à notre tête. Car Baila l'a bien compris, et c'est bien ce qu'elle prône : parler au coeur (au cul pour commencer) pour atteindre la tête.

Difficile de faire des recherches pour trouver une vidéo à ajouter sur cette page sans tomber sur une palanquée d'articles sur ce film. Soit je les lisais tous, pour éviter de paraphraser, soit je n'en lisais aucun et c'est le manque de temps qui l'emporta (oui écrire un article de blog prend du temps, ce n'est pas nouveau mais c'est bon de le rappeler).
Alors allez voir !

La seule critique à mon sens porte sur une affiche qui ne véhicule pas un dixième de ce qu'est le film. Je ne sais pas pour vous, mais en tout cas moi j'y retourne !

mardi 16 novembre 2010

Dix raisons de ne pas aimer Aaron

1. parce que leurs albums sont bien déprimants en hiver quand il pleut, surtout quand on n'a pas un copain contre qui se blottir en les écoutant

2. parce que si on a un copain, lui n'aime pas vraiment et consent à servir d'éponge mais avec des boules quiès ou du son qui déchire sur son ipod


3. parce qu'ils sont un peu beaux gosses et que leurs vestes tombent impec' et que de toute façon, casés ou pas on n'a aucune chance


4. parce qu'en plus on peut même pas se consoler sur leur photo vu qu'on n'a pas le droit d'en prendre pendant le concert


5. parce que du coup notre copain est jaloux


6. parce que la dernière fois que j'ai vu un concert avec des nanas qui bougent les bras de droite à gauche, c'était Patrick Bruel quand j'avais 12 ans


7. parce qu'il y a quelques 150 000 nanas qui ont choisi " lily75" comme pseudo après avoir vu le film "je vais bien ne t'en fais pas"


8. parce que je fais partie des 150 000 nanas


9. parce qu'en fait, en vrai leur concert il déchire carrément, c'est bien plus rock que les albums, on se laisse charmer ni vu ni connu et en plus le chanteur sait AUSSI danser et on a passé une super soirée ... et pas de 10 du coup... 

Aaron et moi, c'était pas vraiment gagné. Pourtant, au départ c'était plutôt bien parti. J'avais découvert leur chanson "Lily" avec le film "je vais bien ne t'en fais pas", film magnifique, superbement joué. La chanson collait vraiment bien, pleine de mélancolie. Bref, complètement sous le charme j'utilise ce prénom comme pseudo.

Pourtant quand, peu de temps après, Aaron passe en concert à Brest, l'écoute de l'album me dissuade d'y aller. Je trouve que ça traînaille, bref, pas du feu de dieu pour une soirée concert.

Et ben voilà cette fois, ils sont repassés et j'y suis allée : non seulement j'ai passé une très bonne soirée, mais en plus il faut le dire le concert était vraiment chouette. Je serais restée sous le charme (ce n'est pas une légende l'envoûtement collectif) s'il n'y avait eu ce malheureux incident ou je me suis fait confisquer mon appareil photos car Aaron ne souhaite pas être pris en photo pendant les concerts.

Bref, revenons-en à l'essentiel. Aaron en concert, c'est bien plus énergique que les albums. Non seulement ils savent faire monter la sauce, le chanteur danse l'oeil pétillant (sa souplesse n'est pas sans rappeller Dionysos) en allant crescendo avec des morceaux rock puis en faisant diminuer la pression. Le dernier morceau, après rappel du public, laisse tout le monde sans voix.

Allez, un petit morceau que j'aime bien pour la route. Pour le reste, il faut vivre le concert.