dimanche 18 août 2013

Roselyne Bachelot à la Route du Rock 2013

La Route du Rock c'est génial, il y a plein de super concerts de groupes que seuls les gens comme toi et moi connaissent et tu peux en découvrir plein d'autres. Et tu peux croiser les membres de tes groupes locaux préférés de Trifoullis-les-oies au camping et boire une bière avec eux. Tu peux aussi faire un régime hamburger-collique et revenir sans avoir pris trop de poids.

J'avais déjà donné des conseils indispensables pour la survie en festival ici. Diantre ! trois ans déjà. Bon, j'ai oublié d'appliquer un ou deux d'entre eux comme se fixer un lieu de RDV par exemple. Youpi.
Bref, je vais révéler un petit truc : pour moi le meilleur endroit c'est devant la Régie son, parce que les ingés ou techs calent le son de cet endroit, donc il (le son) est bien équilibré et pas trop fort. C'est aussi là que tu vas rencontrer les journalistes de plein de magazines super sympas (ou pas) s'ils font un peu leur boulot et ne sont pas en train de picoler du champagne au bar VIP.
Donc, on pourrait se dire que c'est vraiment les puristes qui se mettent là, pour mieux écouter ? Non je ne me jette pas de fleurs en passant.
Et ben raté. Il y aussi les mecs qui connaissent les mecs du son et qui picolent et taillent une bavette devant la Régie. Oui ils sont arrivés à entrer avec une bouteille de rhum sur le site (il faut le faire vu la taille de la bouteille, c'était pas une miniature) mais je ne révèlerai pas le secret même si j'aurais préféré qu'ils ne l'eussent pu faire (gni ?). Pour info le coup de la Pom'Potes ça marche plus, j'ai vu faire ouvrir une compote devant moi.

Il y avait aussi trois jeunes femmes accréditées pour qui apparemment il était plus intéressant de discuter de leur coupe de cheveux que d'écouter le concert.

Avec lesgerards.com on a bien rigolé
Mais ta vie on s'en fout, on est là pour écouter le concert, bordel. Point.

C'est là qu'elle est, Roselyne. Et oui, fulminant je me suis souvenue de cette interview sur France Inter, où elle parlait de sa conversion au journalisme et de son expérience en politique. Les journalistes, dit-elle, commentent plus les robes des ministres féminins que leur programme.
Alors oui, accréditation ne veut pas dire journaliste, mais professionnel. En vrai certains travaillent surtout le côté relationnel, pas le professionnel. Mais pourquoi ne pas rester au bar dans ce cas ? On vous en voudra pas, et laissez-nous écouter tranquilles $%£ *ù *ù# !!!

Après cela reste-t'il une place pour parler de musique ? C'est en salle (de concert, pas de ciné !) qu'on fait les meilleures expériences. Mais Nick Cave, t'as raté Nick Cave ? Non mais allô quoi !!
Il faudra lire votre magazine ou blog préférés qui devraient se faire un plaisir de vous donner des détails. En attendant, je vais me coucher !

Un peu de pub pour un blog qui a fait son travail (à lire dans quelques jours) : http://www.jenesuispasunefille.com 

NB : séances de rattrapage sur Arte Live Web.
Voir ici : http://www.laroutedurock.com/arte-live-web-2/
Ou là : http://liveweb.arte.tv/fr/festival/Route_du_Rock_2013/

dimanche 23 juin 2013

Le cahier

Je le saisis, le soupèse et palpe sa texture, son épaisseur.
Je l'ouvre, le retourne, le feuillette et écoute le bruissement des pages.
Je lisse des deux mains sa couverture vieux rose et sa première page, suis les petits carreaux.
Je le contemple un instant, caméléon sur buvard vieux rose.
Je le retourne et lis " papier recyclé".
Que va-t'il contenir, que va-t'il raconter ?
Mes rêves et mes pensées
Mes mots, mes brouillons.
N'y tenant plus, je saisis un stylo.
Ca y est , il n'est plus vierge.

dimanche 4 mars 2012

Moisson d'hiver : Mansfield Tya, Michel Cloup, the Disciplines et Bertrand Belin

Mon hiver musical a commencé doucement. Il fut aussi surprenant, radieux et saisissant que celui que la météo nous a réservé.

Le plaisir des mots, je l'ai attendu, désiré, caressé, senti, balbutié. Il m'a laissée muette, riche de ces moments que l'on ne veut partager et dont on veut jalousement garder la sensation, de peur d'en perdre une bribe ou de la voir pervertie.

Mansfield Tya, elles ont la douceur, une force et un charme désarmants. Il y a de la complicité, des blagues, des sourires mutins. L'ambiance au Vauban à Brest était détendue et le plaisir partagé.





Il y a des gens dont on peut imaginer à quoi ils ressemblaient enfants. C'est ce qui m'a marquée quand j'ai vu Michel Cloup, il a gardé des yeux d'enfant. C'était dans la petite salle de la Carène, le Club, première date d'un pass découverte chanson française que j'attendais avec impatience. Il a dit, nous allons faire un voyage, mais ce ne sera pas triste. Que la colère soit une force, que l'art soit un baume et la musique un souffle de vie. Ca c'est moi qui le dit, mais c'est comme ça que je l'ai ressenti. Amen. Une tension palpable, une colère transformée, une énergie maîtrisée et offerte. Merci pour le voyage.



Bertrand Belin, c'est peu dire que je l'attendais. Deuxième date du pass découverte de la Carène, c'était celle qui justifiait les autres. La poésie de ses textes, écoutés à l'envie depuis plus d'un an, connus de mes oreilles et pourtant toujours nouveaux. Il n'est pas venu. En tout cas, pas celui que j'attendais. Un jumeau à la vocation cachée d'humoriste ou de jazzman incompris a pris sa place. Faire rire un public, même acquis est un exercice périlleux. Si la moitié de la salle est là pour découvrir, on peut frôler la catastrophe. Non, un concert ne doit pas se contenter de redire un album mais le revisiter. L'impro jazz, j'adore. Mais l'improvisation des textes doit être à la hauteur. Certains ont adoré. Certains sont partis. Dommage. Je remets "La Perdue" et je l'écoute en boucle.

Un concert à emporter de Bertrand Belin sur la Blogothèque : http://www.blogotheque.net/2010/09/20/bertrand-belin/


Le feu de la scène, les fourmis dans les jambes étaient là aussi. Les Hivernautes (Quimper) nous ont servi Mnemotechnic (yes !!! vivement l'album), Corleone et Stuck in the Sound. Les 30 ans de Fréquence Mutine m'ont permis de revoir mon jugement sur les Disciplines : n'hésitez pas, courez les voir en concert, ils sont aussi trépidants sur scène que l'album m'a paru pâlot.

Le regret : ne pas avoir pu être à deux endroits à la fois et rater le concert de Pamela Hute aux Hivernautes. Next time.

lundi 19 décembre 2011

Billet tardif

Après l'été et son tourbillon de festivals, les arbres ont sorti leur costume de clown pour résister à la tristesse du mois d'octobre.
Sans regret, j'ai retrouvé la tiédeur des salles obscures. Si la cuvée d'été fut agréable, elle n'a fait que permettre de patienter jusqu'à la prochaine moisson. Celle qui se joue en ce moment et permettra de se soûler de mots et guitares distordus.

Agnès Obel était trois à la Carène ce jour d'octobre brestois. Loin de la froideur mormone qui pare ses albums, Agnès Obel est apparue simple et contemporaine, timide derrière son piano, au bout de la scène, faisant face et place aux deux merveilleuses musiciennes (contrebasse et harpe irlandaise) et choristes qui l'accompagnent. Telles trois soeurs au tempérament différent, elles s'accordent à merveille et agissent comme un baume d'apesanteur sur une salle comble envoûtée par la pureté des voix et le son limpide des instruments. Bien plus qu'un écrin, l'acoustique de la Carène est un révélateur efficace.



Chokebore quelques jours plus tard, c'est un autre petit miracle du quotidien. La colère, l'amertume et la déception se concentrent en cette scène, torturent un Troy von Balthazar moins fatigué qu'au mois d'avril dernier. C'est excitant de voir comment dix ans plus tard ils ont adapté leur jeu de scène et renvoient toujours autant d'énergie.



Agnès Obel : http://www.agnesobel.com/
Chokebore : http://www.chokebore.net/

vendredi 11 novembre 2011

GaBLé m'a tuer

Non, j'avais dit plus de festivals ! Fini l'été et ses tournées marathon au soleil couchant "mais-si-on-va-voir-cinq-concerts-d'affilée-tu-vas-voir-c'est-mortel". L'ambiance, sans le son. Ou juste moyen. OK, le bon son des fois, mais jamais exceptionnel (oui, I love la Carène, ce lieu est une perle. Point). Des groupes exsangues, lessivés par leur road manager.

Mention spéciale en aparté à Art Rock, à PJ Harvey et Lou Reed (certains n'ont pas aimé, moi si) aux Vieilles Charrues, aux rares Black Angels et aux bondissants Skip the Use à Saint Nolff. Aucun moment qui n'ait cependant suscité l'extase.

J’avais aussi dit que j’allais arrêter de gribouiller des billets à 3h du mat’.
Et puis voilà, il y a eu cette affiche des Indisciplinées, superbe affiche du vendredi avec Wire et The Fall et The Shoes et Herman Düne.
Et ce soir Baxter Dury. Une invit pour ce soir et hop c’est reparti comme en 40. Je me tape un peu de bornes pour découvrir si la scène vaut l’album.

J’arrive, tournée de bisous, je découvre une salle chaleureuse et un groupe sympatoche. Et blabla. C'est cool, je me sens bien dans cet endroit, comme à la maison. Puis vient GaBLé.
Et là le vent se lève. Paf ! une droite. Tu l’as sentie celle-là ? Paf ! une gauche. On dirait de l’impro mais ce n’est pas de l’impro. Ca a l’air déstructuré mais c’est du millimétré. GaBlé t'emmène où tu ne sais pas et ça te plaît. Trois individus envahissent littéralement la scène sans pour autant bouger dans tous les sens. Bombardée d'uppercuts. Surprise et riant sous cape. Bonheur. Apparition, disparition. Saut. Le jeu de scène est à la limite du statique mais incroyablement efficace. Mimiques, onomatopées, bruits... Présence. Percutant, une richesse musicale et vocale incroyable, j'ai l'impression d'avoir trouvé le lien manquant, l'explication d'une vérité essentielle.

Et voilà comment GaBLé a effacé tout le reste de ma soirée, reléguant Kerenn Ann aux fossiles du rock (seuls les trois premiers morceaux ont passé ma muraille), rendant Baxter Dury emprunté face à leur fraîcheur, racolant du breton le verre de vin à la main et le petit doigt en l'air(puis trop de réverb sur le son, merde c’est fatigant pour les oreilles).
Il me fallait ça pour retrouver cette envie de sauter sur mon clavier (après Agnès Obel et Chokebore cependant, même si je n'ai pas publié). Voilà comment à 4h du mat’, j'écoute leur CD à fond m’en fout suis seule à la maison.
Leur style respire le même bonheur créatif que Chapi Chapo et les petites musiques de pluie.



GaBLé, le site c'est par ici : http://www.gableboulga.com/
Le myspace par là : http://www.myspace.com/gableacute

Merci pour la découverte GaBLé, et à bientôt.

lundi 4 juillet 2011

re-nouveau

Emménager de nouveau. Recommencer sans cesse et s'entourer du minimum vital. Quelques grigris indispensables pour avoir l'illusion de se sentir chez soi. Essayer de rendre familier cet endroit où l'on se sent bien mais où chaque objet a été décidé par un autre.
Inviter des amis pour se sentir moins seul. Chercher ses marques. Et poser son empreinte ultime, sa musique, pour parfaire l'ensemble.

01 Piaghella by zeroegalpetitinterieur

Merci à mon disquaire préféré Dialogues Musiques pour cette découverte.

http://soundcloud.com/zeroegalpetitinterieur/sets/o
http://ojerome.blogspot.com/2010/10/le-disque-est-un-manuscrit.html
http://www.myspace.com/ojeromeo

samedi 2 avril 2011

Les règles de Ladilyke Lily et le pénis de Troy von Balthazar

Avec un titre pareil, racoleur et tout j'ai presque envie de m'arrêter là.
Vous laisser là, balots face à ce titre provocateur sans en expliquer le pourquoi. Hummmm ... tentant.

Il n'y a pourtant pas à creuser bien loin. Hier soir, j'ai fait une infidélité à mes lieux de prédilections brestois. Direction le Manège à Lorient pour les concerts de Ladylike Lily et Troy von Balthazar. Date attendue depuis que j'ai reçu l'info par la newsletter de l'asso MAPL (PUB !).

Première fois en ce lieu dont on m'avait vanté l'acoustique, premier concert auquel j'ai pu assister parmi la belle programmation. Je ne peux que vous inciter à découvrir cette salle à l'occasion d'un concert. Petite certes mais bien agencée, bon son, bonnes lumières, ambiance sympa. Un bâtiment surprenant et magnifique (la prochaine fois j'en fais quelques photos en extérieur). Allez ! la minute Jean-Pierre Coffe est terminée.


En réalité (oui oui j'arrive au titre) je triche à peine. Ladylike Lily que je découvre n'est pas si innocente qu'elle en a l'air. Avant de décaper un peu, je peux dire que oui c'est bien. Le morceau en question, il parle des règles de sa soeur (voyez que je triche à peine). OK il faut oser, même si le thème est la difficulté de tomber enceinte. Que reprocher à cette jeune artiste qui semble savoir où elle va ? Qui amorce un dialogue avec le public alors que c'était apparemment son point faible il y a quelque temps ? Elle reste encore un peu dans sa bulle. Comme elle est dans cette vidéo vous la verrez sur scène. Et ça c'est l'effet loop. Le deuxième effet kiss cool n'est pas si cool. (NB : le monsieur qu'elle remercie au son est un des musiciens de Last Morning Soundtrack, groupe dont j'ai déjà parlé et que j'aime aussi beaucoup). Du bon, du bon !



Continuons la démonstration. Troy von Balthazar (allez voir wikipédia pour le pédigree) n'est pas un nouveau venu. Moins énervé sur scène que lors des concerts de Chokebore, on dirait qu'il roule une grosse pelle au micro quand il chante. Il commence seul sur scène, les yeux fermés (tout le concert quasiment), avec les loops. Ah oui encore des loops, comme disait Orianne (Ladylike Lily), il se passe plein de choses dans sa tête, c'est la façon de les faire sortir. Ben oui mais le résultat sur scène, c'est un artiste qui reste dans sa bulle. Et ça, les bulles, je connais !!!

Bref, le batteur de Chokebore et une bassiste le rejoignent, c'est plus speed. Parfait. Manquait les moments complices entre les membres du groupe que l'on aime tant percevoir. La batterie était bizarrement orientée de travers, sans faire entièrement dos au public malgré tout. Peut-être était-il triste ?
C'était beau, mais il aurait sans doute fallu apporter une longue plume pour les chatouiller un peu et les faire communiquer, c'est à dire "two way direction speech".
et hop ! chopé les yeux ouverts !



En attendant, moi je trouve ça rassurant que les artistes aient les mêmes préoccupations que nous, après tout, et qu'ils l'expriment aussi bien. On se sent moins seul, et on se sent mieux non ?

Allez, bisous !

De belles photos ici : http://www.julianelancou.fr/gallery/troyvonbalthazar/

Une vidéo que j'aime, pleine de petites étoiles et de malice ici



Troy von Balthazar : http://www.troyvonbalthazar.net/
et www.myspace.com/troyvonbalthazar
Ladylike Lily : www.myspace.com/ladylikelily