lundi 17 avril 2017

Trop de son tue le son

Changement de décor, après les sons feutrés d'Albin de la Simone et de ses musiciens, rien de mieux pour se remettre d'une histoire d'amour malheureuse (ou inexistante) que de se diriger vers un concert de gros son qui tâche.

Direction la Maroquinerie pour une soirée Gonzai où je devais retrouver mes chouchous La Terre Tremble !!! suivis de Mustang et des québécois de Chocolat, découverts à l'occasion.

Les soirées Gonzai, c'est sympa, pas cher et si tu prends ton billet en avance avec eux tu peux même picoler un peu gratos (renseignez-vous, je vais pas faire tout le travail non plus non mais oh). De très bonnes dates sont prévues, à commencer par un Thurston Moore impeccable et militant vu début mars et Wire à venir le 12 mai.

Le ressenti de la soirée, pour utiliser un mot à la mode, était mitigé. La Terre ne tremblait plus vraiment et le groupe s'est à mon goût perdu dans un délire de machines. Le son était plutôt mal réglé. Tout cumulé, on n'entendait plus la voix, ne distinguait plus trop les instruments non plus. Bref, pas retrouvé l'extase d'il y a quelques années qui m'avait bien déboité les oreilles.

J'aime beaucoup le morceau de Mustang "Je m'emmerde", sinon on ne peut pas dire que ce soit ma came. No comment donc sur la prestation énergique de vendredi dernier.

Et gardons le meilleur pour la fin, Chocolat donc.
Tu pousses le bouchon un peu loin Maurice



Chocolat c'est la fin des haricots. Très, très indisposée par le niveau sonore, à des lieux de l'univers albinien, j'ai regretté de ne pas avoir pris mes bouchons d'oreille et constaté qu'à partir d'un certain niveau, le son ne s'appelle plus de la musique mais du bruit, mon cerveau ne parvenant plus à distinguer les nuances je suis partie et ne sais pas exactement si j'ai aimé ce que j'ai entendu, impossible d'imprimer un quelconque souvenir des 15 minutes que je suis arrivée à tenir.


Samedi, je n'avais toujours pas eu ma dose et armée de mes bouchons d'oreille j'ai remis ça au Supersonic. Découverte de "The Black Waves", suivis de Gang of Peafowl et enfin des New Candys. Là j'ai vraiment trouvé le son que je recherchais, des airs de Black Angels, Wall of Death (avant départ de leur guitariste et chanteur, pas écouté depuis), ou APTBS. J'ai cru à un petit retour aux années Nada Surf avec Gang of Peafowl, mais ils ont vite monté le son et donné toute l'énergie du rock indépendant. Les New Candys ont intitulé un de leurs albums " New Candys as medecine", c'est véridique, après ça la patate assurée pour une semaine entière !

Petit retour sur les bouchons d'oreille.

J'ai commencé comme beaucoup avec les bouchons en mousse distribués dans les salles de concert. En général, je préfère m'installer en fond de salle sans bouchons mais parfois cela ne suffit pas. Alors j'ai testé la position du bouchon pas-trop-enfoncé-parce-qu-il-atténue-vraiment-tous-les-sons-de-manière-indistincte, les basses ressortent, et c'est assez frustrant parce que le résultat est ... plat.

Les copains musiciens achètent des bouchons moulé à la mesure de leurs oreilles, les prix sont variables mais on dépasse la centaine d'euros.

J'ai donc investi dans les bouchons Quies spécial concert, beaucoup moins chers et franchement je ne ressens pas d'inconfort à l'utilisation. Le son  reste agréable, évidemment je préfère pouvoir m'en passer et encore plus évidemment il faut éviter de se placer sous les baffles. Probablement que les bouchons faits sur mesure sont plus efficaces mais personnellement je suis contente de cette solution pour l'instant.

Pour continuer à faire le tour des bouchons vous pourrez lire cet article.

lundi 3 avril 2017

J'ai pris la fuite

Faut pas avoir de suite dans les idées
Pour prendre la fuite ... à 40 ans passés

Trop d'émotions c'est la déroute
Passer du rire au doute

J'ai pris mes jambes à mon cou
Mis ma veste et puis c'est tout
Posé un pied devant l'autre
Et je ne sais pas comment
J'étais déjà loin devant

Loin, loin de toi
De tes cheveux en bataille
Et de la voix de Kaa...

J'ai paniqué
Je n'avais rien planifié
Quand la lumière s'éteint
Je rêve et n'attends rien

Mais quand elle se rallume
Il faut sortir de la brume
Les émotions sont bien trop fortes
Pour oser des mots

J'ai pris mes jambes à mon cou
Mis ma veste et puis c'est tout
Posé un pied devant l'autre
Et je ne sais pas comment
J'étais déjà loin devant

Loin, loin de toi
De ton cou appétissant 
Troublée par ton regard

Une autre fois, je reviendrai
Sans trop savoir pourquoi
Je veux m'infliger ça
Cette attraction fatale
Et chaque fois je détale ...

Je caresserai ton cou
Prendrai ta bouche et puis c'est tout
Je ne m'enfuirai plus si loin
Accrochés par les cheveux
Et ta barbe de 4 jours



Jeter des mots dans un ordre qui fait de la musique dans ma tête.
Chaque fois que je vais voir Albin de la Simone, je suis l'amoureuse. Vraiment. Emportée par la voix du joueur de Hamelin (zut pas de flûte).
C'était ce 3 avril à l'Européen. Il va revenir , mais moi ? Mais maintenant  que je suis là ...
Pour toutes les bonnes raisons du monde, la voix suave de ses musiciennes et le chant de leurs instruments, les arrangements de cabinet de curiosité (un salon est aussi confortable mais plus conventionnel).
Et puis les textes.
Dans ses derniers textes, je suis l'amoureuse.
Je suis le Grand Marin, Anna Conti, les pêcheurs de Bretagne et d'ailleurs.
Je pleure et je ris parce qu'ils me parlent si vrai qu'ils résonnent trop fort.
Il va revenir , mais moi ?
En attendant c'est beaucoup moins dangereux de reprendre une dose sur Arte concert.






dimanche 20 novembre 2016

Bye bye blogger, bonjour wordpress ... ou pas

J'ai récemment décidé de migrer sur wordpress, vers une solution gratuite. Cependant, ne jetez pas tout de suite cette adresse.
Je teste, et risque de revenir s'il s'avère que wordpress ajoute du contenu publicitaire à ce blog.

La suite se passe donc par ici : https://theresmusic.wordpress.com.

Il reste un peu de travail mais je ne résiste pas à mettre la nouvelle version en ligne à l'occasion du Festival invisible.

A très bientôt et n'hésitez pas à me laisser votre avis sur cette nouvelle version.

PS : c'était là, mais finalement non ;)
wordpress gratuit, c'est pas mieux niveau stats.
pas de commentaires c'est une chose, mais pas de lecteurs c'est la lose.

https://theresmusic.wordpress.com/2016/11/20/revue-du-gentil-festival-invisible-etape-11/

mardi 27 septembre 2016

Edward is looking at us


Darkness is glowing on the pavement of this city I love
As in a painting by Hopper, everything echoes solitude
Couples. A ghostly silhouette smoking a cigarette at a window
The whistles of the bridge parapet
The places I know sound empty and dull
As memorials of the ones who lived here.

dimanche 8 novembre 2015

Fin de semaine, fin d'une époque

J'ai ressorti mes mitaines et les chaussettes en laine rouge, celles avec des traits en caoutchouc anti-dérapant en dessous. Je regarde le ciel s'obscurcir. Une lueur jaunâtre illumine le tableau un peu déprimant d'une fin de dimanche après-midi.
La  profondeur née de la superposition des nuages que j'aime tant me rappelle les couches architecturales que j'observais hier. Brest, ma ville en 3D. Sur le pont de Recouvrance, les flots apaisants de la Penfeld sous mes pieds, la rade et ses quelques bateaux en toile de fond, j'observais cet immeuble gris, frêle vestige d'un temps où le bon goût n'entrait pas dans les critères de construction. Il résiste narquoisement entre la vieille tour Tanguy et la barre d'immeuble blanche plus moderne qui le surplombe. Profondément moche. Il semble que la beauté du paysage n'en ressort que plus.
Le mois de novembre sera nostalgique. La ville se peuple du manque. Les rues se chargent du fantôme des êtres qui les ont habitées et s'en sont allés faire leur vie ailleurs, hors de la ville, au soleil, ou juste un peu plus loin. Et toi avec, bientôt. Résistance.
Les nuages se dispersent un peu et offrent à présent un ciel pommelé de gris, bleu, blanc, et touches de rose du soleil couchant.

J'attendais de voir H-Burns en concert depuis leur passage au festival We Love Green au printemps dernier découvert en replay Arte Concert ici. Séduite par la voix du chanteur et l'efficacité de leurs mélodies folk-rock empruntes de mélancolie et pourtant énergiques, j'ai rapidement fait l’acquisition de Night Moves, qui a fini par tourner en boucle avant d'être relayé par "No song, no spell, no madrigal" de The Apartments. En revisionnant ce concert il manque sans doute d'énergie, mais je crois que je préfère quand même cette interprétation à celle que nous avons eue mercredi dernier au Vauban. Évidement, comment comparer petite salle VS plein air, la nuit VS le jour ? Soit, mais un son et lumière dans un cabaret, je ne m'y attendais quand même pas. Assourdie et aveuglée dans la même soirée. Bref, grosse déception. Je passe sur l'effet réverb au micro, mauvaise blague, heureusement de courte durée, sur un seul morceau que je me suis empressée d'oublier. Le supplice s'est terminé à la fin d'un premier set racoleur, exception faite du dernier morceau absolument génial, une réinterprétation instrumentale de Sail on Wild (album Off the Map) de près de 10 minutes, annonciatrice d'une fin de concert enfin à la hauteur de mes espérances. C'était vraiment bon. Et j'ai adoré le premier et deuxième rappels, sans gros effet. Comme au cinéma, je n'aime pas partir avant la fin, on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise.

Le site de H-Burns : http://www.h-burns.com
(NB : dont le webmaster ne sait apparemment pas écrire "accueil") 

lundi 27 avril 2015

Concert de Dominique A : lancement retentissant de Soucoupes


Arnaud Le Gouëfflec et Obion ont rondement orchestré la promotion de "Soucoupes", leur BD sortie en début de mois, avec, pour l'occasion, le concert de Dominique A à la Carène mardi 20 avril.
Dans une ambiance spatiale très réussie, fidèle à celle qui se dégage de "Soucoupes", Dominique A a littéralement fait s'envoler la salle.



Photos : © Gaël Coupeau pour Côté Brest
Samedi dernier (18 avril), Dominique Ané, dit Dominique A, dédicaçait son dernier album "Eléor" et son dernier livre "Regarder l'Océan" à Dialogues Musiques alors que parallèlement Le Gouëfflec et Obion dédicaçaient Soucoupes à la librairie Dialogues.

Promotion menée de main de maître donc. Alors par quel miracle ? Le Gouëfflec n'en est pas à son coup d'essai avec Dominique A, ayant récemment publié "J'aurai ta peau Dominique A" avec son comparse Olivier Balez.

Ma théorie est la suivante : Dominique A est un tout simplement un extra-terrestre. L'ayant compris, Arnaud Le Gouëfflec, qui a également bien évalué le profit qu'il pourrait en tirer, menace Dominique A de tout révéler. "J'aurai ta peau, Dominique A", écrit-il. Sur sa lancée, il co-signe "Soucoupes", et fait chanter Dominique A, au sens propre comme au figuré, pour la promotion de cet album, que sinon, certain diront, personne n'aurait remarqué.

Les indices parlent d'eux-mêmes, je vous laisse constater.

1/ Pour ceux qui ont connu Dominique A à ses débuts, son évolution tant physique que vocale, présence et tessiture, le changement ne peut paraître humain. Force et détermination parviennent-elles seules à expliquer telle transformation ?




2/ Dominique A intervenait sur France Inter samedi dans l'émission "La librairie francophone" en début d'après-midi, et répondait aux questions de Steven Leroy une heure et demie après à Dialogues Musiques, à Brest. Intrigant, non ?


3/ Dominique A sort un livre et un album en même temps. Exploit qu'il réitère après "Y revenir". Il ne dort jamais ?


4/ Fini les mélodies minimalistes, les rythmes rock. Après près de deux heures de concert, le naturel revient au galop.  "Le courage des oiseaux" vire métal hardcore, claviers et guitares tonitruants ...Des mélodies dont les extraterrestres raffolent*.




Alors si après ça je ne vous ai pas convaincus, il ne vous reste qu'à lire "Soucoupes" et "J'aurai ta peau Dominique A" et écouter "Eléor". Et vous saurez.



Bien sûr, ceci n'est une petite entourloupe pour parler d'un concert magique et d'un artiste dont je suis fan depuis le Gros Boris et la compil Kaleidoscope des Inrockuptibles en 1993. Dominique A, ovni de la chanson française, a cette force de caractère tranquille (pas de référence politique ici) des gens toujours à leur place, et/même dans le renouveau permanent. Il m'a semblé opportun de faire un clin d'oeil à "Soucoupes", une histoire d'ovni et de musique.

Et comme tout vient à point à qui sait attendre, voici une chronique du concert, à lire sur le site de "A découvrir absolument", qui résume bien ce que j'ai ressenti : http://www.adecouvrirabsolument.com/spip.php?article6098
J'ai préféré le précédent concert au Vauban, plus rock, mais comme je suis fan c'est toujours un bonheur. Je pense qu'il a voulu jouer / tester tous les morceaux de sa tournée. J'ai eu l'impression d'un manque de distance par rapport au dernier album, Eleor, ce qui à mon avis viendra au fil de la tournée.

A l'instant où je termine cet article, mon voisin écoute Dominique A. Je souris.

* voir "Soucoupes", aux éditions Glénat.

Plus de preuves :

Le compte-rendu Côté Brest, avec les photos de Gaël Coupeau :  http://www.cotebrest.fr/2015/04/22/une-carene-pleine-a-craquer-pour-dominique-a/

L'univers d'Arnaud le Gouëfflec : http://www.arnaudlegouefflec.com

Le blog d'Obion, bonus Soucoupes : http://www.obion.fr/blog/2015/04/soucoupes-bonus/


Première publication le 22 avril 2015




dimanche 26 avril 2015

Un mot

Je suis tout et son contraire
Et tous les mots du dictionnaire
Je suis le jour puis la nuit
Le calme dans le bruit
Je suis toi et je suis lui

Présente ou courant d'air
Selon les heures et la lumière
Les envies, l'atmosphère
J'exulte ou me délite
M'envole ou bien m'effrite

J'aime et je déteste
Toujours avec entrain
J'aborre par dessus tout
Les cases et le dédain

Un mot ne peut me définir
Le seul que je permette
Kaléidoscope
J'étais là je suis partie
Bref, je vis

jeudi 18 décembre 2014

chimères

la vie est tellement triste, dit-il
la vie n'est pas si mal, dit-elle

tant d'énergie, pour qui, pourquoi ? leurs yeux, attirés par la lumière, mais dépourvus de sens,
ont glissé vers de nouveaux eldorados
me privant de mon sang, mes illusions perdues sont restées vacillantes
je les garde pour moi de peur qu'un coup de vent
les éteigne à jamais

lentement, pour ceux qui te soutiennent, fermement, retiens-les tes émois
cajole-les de toute ton affection , porte-leur ta chaleur,
et berce-les tes peurs, apprends à vivre avec elles
eux ? qu'importe
les meilleurs restent

cette pluie, le spleen, mes pensées vagabondes
loupiotes, couvertures, un livre et joy division

j'y ai cru, dit-il
je te vois, dit-elle

elle est partie, dit-il
moi je suis là, dit-elle

vendredi 12 décembre 2014

Santa Cruz vs Peter Kernel. KO musical

Comment parler d'un groupe qu'on aime et qu'on vient de découvrir ? En général, soit je me fais avoir par le charme, soit parce que j'ai pris une grosse claque. Les deux ne sont pas forcément incompatibles ... une relation sado-maso ? Vous faites comme vous voulez.

Donc, nous avons cette semaine un bon duo gagnant. Santa Cruz et Peter Kernel.

J'ai découvert Santa Cruz début novembre au Vauban, et Peter Kernel il y a 2 ans (au Vauban aussi) et je les ai revus hier, et c'est grâce à eux que j'ai fini par écrire cet article.

Je n'ai pas publié depuis un an. Non que mes bras soient tombés après Albin de la Simone (il y a un an jour pour jour) ni que je sois tombée dans une faille spatio-temporelle (thème qu'entre parenthèses j'affectionne particulièrement et qui je l'avoue a pu parfois servir d'excuse en cas de retard prolongé) ou dans une monde parallèle, sans musique (j'en transpire d'effroi).

Non, cette année ne fut pas moins remplie de découvertes et de ravissements que le traineau du père Noël. Mais quand les émotions reviennent, similaires, les mots pour les décrire ne changent pas vraiment. D'autres ont bien mieux écrit sur eux que je le ferais (journaliste : un métier, pour ceux qui en doutent). Je me livre aux mots et musiques que j'entends et qui m'enflamment, pas à ceux transposés sur papier après réflexion. Que je lis rarement, il faut bien l'avouer, quand il s'agit  de musique.

Santa Cruz 1 - Santa Claus 0
Santa Cruz. La première fois que j'ai vu le nom du groupe, je me suis dit, la musique espagnole, Rodrigo y Gabriela, bof. Pas mon truc. Puis, curieuse, on m'a dit "non non, c'est pas une groupe espagnol", j'ai écouté. C'était quelques jours avant leur concert à Brest. Depuis, leur musique emplit mon univers de manière presqu'exclusive. Je reconnais là les signes. Je suis amoureuse. Un univers folk-rock qui nous transporte aux Etats-Unis (banjo, pedal steel, textes en anglais sans accent français svp), leurs balades un peu mélancoliques prêtent à la rêverie et au voyage.

Si j'écris qu'ils sont beaux sur scène, on va dire "ben voilà". Ne nous méprenons pas : ce sont de très bons musiciens pour commencer. Et ils sont beaux et fascinants à regarder. Leur jeu, leurs échanges, regards, ces petits signes électrisants, ce plaisir qu'ils prennent à jouer ensemble est hautement transmissible. Un mois après, je suis toujours sous le charme et leurs textes m'habitent et m'inspirent (je l'avoue, j'écris des fois pendant un concert). Je suis donc retournée les voir. Quel regret de découvrir leur musique si tard. Quel plaisir d'avoir tant à explorer, de faire le voyage à l'envers. Leur site est une mine, généreuse, de vidéos et de chansons (je pense qu'on y trouve tous leurs albums en écoute intégrale). "Sesame noodles" m'a immédiatement semblée familière. Quelques surprises se cachent dans leurs albums. Un morceau avec Laetitia Sheriff (qui a fait au passage une très belle lecture chantée des poèmes de Yeats au Tara Inn le mois dernier avant son concert à la Carène). La découverte de Craig Snyder, écrivain et poète américain (contemporain, d'après wikipedia il est en vie!) ... L.A. lament m'a laissée sans voix et m'a rappelée les lectures de Jack Kerouac. Easy Rider. Bukowski.
Il me reste à les voir en concert acoustique. Ce doit être magique, à voir le très beau Live in Circle (ci-dessous). Des heures d'écoute ne m'ont pas permis de trancher entre ambiance acoustique ou électrique. Leur dernier album MicrOrgan propose une version acoustique d'une sélection de leurs titres entièrement réarrangés. Je n'ai pas encore poussé le vice jusqu'à écouter chaque morceau à la suite dans ses deux versions (NB : ça y est c'est fait). En tout cas c'est une belle entrée en matière et c'est probablement leur album que je préfère.

What about la catégorie grosse claque ? Peter Kernel y apporte la réponse. Ce groupe me réjouit par son empathie et son énergie. Ils donnent envie de danser et sauter sur place. Pas sautiller, carrément sauter le plus haut possible. Ou sauter sur ton canapé si tu es chez toi. Sur les meubles. Enfin, une cure de vitamine C pour la journée. C'est tout, et suffisant pour les classer directement de la deuxième catégorie. Bam. Il faut les voir sur scène. Je n'écoute plus trop leur album, pourtant très fidèle à la scène.

Il me reste un article sur A Place To Bury Strangers à publier. Resté en friche il y a un an. Catégorie claque (A Place to bury strangers et mourir). Mais pas la même. Rock "shoegaze. En voilà un terme intéressant.

The magical universe of Santa Cruz (un groupe de Rennes) : http://www.santacruz.fr





The jumping jack flash universe of Peter Kernel : http://peterkernel.bandcamp.com





jeudi 12 décembre 2013

Albin de la Simone, conteur pas cabot

C'était en 2008. J'écoutais la radio, une chanson passe et me chamboule. "J'aime lire". Albin de la Simone, les mots me parlent, sobres, ils parlent de moi, drôles, ils collent à mes oreilles, déroulent les centaines d'histoires que j'ai lues, que je lirai ou ne lirai pas.
La voix, particulière, leur confère une douceur savoureuse. C'était il y a plus de 5 ans mais je n'ai pas de peine à retrouver les émotions que cette chanson m'ont procurées : il me suffit de l'écouter de nouveau, toujours avec le même bonheur. J'attends toujours la suite avec surprise et délectation. Un petit sourire au coin des lèvres.
L'album, "Bungalow !",  drôle et énergique, a vite tourné en boucle, suivi du précédent, "Je vais changer", où je retrouvais avec plaisir Jeanne Cherral, une chanteuse que j'affectionne. 
Catastrophe, ce pull, vendéen, n'importe quoi, j'ai changé, ces mots stupides, je te manque, tu ne peux rien faire, non merci. Ses textes parlent d'amour, de la vie avec simplicité, drôlerie, parfois mélancolie et une telle élégance. Savoir (se) raconter et (se )réinventer, car ce ne sont jamais les mêmes histoires, les mêmes mélodies, avec des mots simples, jamais les mêmes, voilà ce qui pour moi fait la force et le charme de ses chansons. Les mots glissent, preuve d'un travail d'orfèvre. Séduisant, mais pas cabot.
"Notre homme" , "Elle fréquentait la rue Pigalle", quelques chansons racontent un univers plus triste de manière poignante sans sombrer dans le pathos. Je pourrais raconter ces chansons mais le mieux est de les écouter. Je pense que chacun s'y projète et y voit sa propre histoire. Ce qu'il cultive en jouant avec les limites de la suggestion.




Un concert au Run ar Puns s'est ajouté à mon plaisir. Salle intimiste, concert dynamique, un petit show délirant qui ne ressemblait à rien de ce que j'avais connu. J'ai conservé l'affiche. Je ne savais pas encore.

J'ai cru qu'il écrivait pour d'autres : je trouvais ses chansons parfaites. Il semblerait que non, puisque c'est la composition son métier. De prestigieuses collaborations que sa modestie ne laissent pas soupçonner. 

Il passe un peu de temps. 5 ans. Un nouvel album, "Un homme", dans lequel je ne me retrouve pas. Plus mélancolique, plus dépouillé. Différent. J'en retiens "J'étais ici hier", qui m'émeut à chaque écoute.

Hier il était au Vauban et moi aussi, du coup, fidèle au rendez-vous. Je ne savais pas. La salle était configurée en mode "cabaret" plutôt que concert, avec tables et chaises. Pas bondée. Je passe une première partie, Colin, perfectible.

Albin de la Simone. Seul au clavier, puis accompagné de deux musiciennes, Maëva le Berre au violoncelle et Anne Gouverneur au violon et clavier.

Je suis tombée amoureuse au moment où sa voix s'est posée. Captivée, emportée et un peu surprise de la délicieuse magie opérant instantanément. J'ai bu chaque mot, savouré chaque son, chaque regard. Les pieds qui marquaient le rythme. La musique était parfaite. Rien d'autre n'existait, comme dans un état de transe amoureuse. Hier soir, Albin de la Simone a joué son nouvel album et revisité d'anciens morceaux. Les nouveaux arrangements sans fioritures laissent la place à sa voix et aux instruments : le parfait équilibre. Généreux et simple, il a, avec ses musiciennes, conquis la salle, qui ne les aurait pas laissés partir.

Je ressors les anciens albums. Bonheur toujours. Cependant, les choeurs de "Bungalow !", sur certains morceaux, me paraissent inutiles, comblant un vide qu'il n'y a pas lieu de combler. Sa façon de chanter aussi a changé. Maintenant je sais : la maturité.








Le web nous réserve des pépites : un concert au musée d'art moderne de Paris, devant une de mes toiles préférées, de Robert Delaunay, un de mes artistes préférés avec Niki de Saint Phalle. Tant pis si le son n'est pas terrible pour une fois, j'aurais aimé y être.
La crise, et Mes Epaules en session Télérama (très bonne qualité).

Et une émission récente de France Inter que je livre confiante avant même de l'avoir écoutée.


Juré, craché, la prochaine fois je lui demande une interview.

dimanche 6 octobre 2013

un batteur sinon rien

Si vous avez l'occasion d'aller voir Peter von Poehl en concert, ne ratez pas cette occasion. 

Faites attention à la formation qu'il choisit pour jouer car il aime autant les concerts intimistes dans des lieux improbables, accompagné seulement d'un violoncelliste, que les concerts rock - oui, vous qui connaissez sa musique , soyez surpris, rock, c'est bien le mot - avec batterie et claviers/ vibraphone. 

C'est d'ailleurs dans cette dernière configuration que j'ai eu la chance de le voir hier soir au run ar puns à Châteaulin, et qu'il devrait passer à Langueux au mois de janvier prochain (enfin, à vérifier car on annonce aussi un violoncelle et une basse sur ce concert).

Quel concert ! Quelle énergie ! J'ai aimé voir aussi bien le jeu de batterie que le clavier et la guitare. Mais le batteur !!  C'est une promesse, un batteur. 


J'ai bien vu qu'il s'ennuyait, à sa façon de se rassoir, le dos légèrement vouté et l'oeil un peu absent, malgré les regards attentifs de Peter von Poehl.
Et puis.
Il y a eu cet échange, ce petit mouvement de main, genre "ok c'est parti" et ce sourire de plaisir.
C'était bien parti.
C'est sûr que quand on embarque un batteur dont tu peux à peine suivre le mouvement de baguettes mais qui ne semble qu'effleurer la batterie et les cymbales, faut lui proposer de lourd sinon il s'ennuie ferme.

Peter von Poehl, pour faire court, c'est plutôt ça.




L'ancien groupe de Ludwig Dahler, le batteur qui l'accompagnait hier soir, the international noise conspiracy, c'est ça





D'après cette interview de Metal Assault, il officie aujourd'hui avec Free Fall , un groupe de hard rock.
Genre, tu vois le mélange.

Salles de concert, un petit peu de précision s'il-vous-plaît, saviez-vous qui serait sur scène avec Peter von Poehl ? Nous non plus. 

Surprise et enchantement.

Guitare chant Peter Von Poehl / vibraphone, claviers Nicolas Maturiau / batterie Ludwig Dahlberg

A voir à Langueux le samedi 18 janvier 2014, et j'espère encore ailleurs http://www.legrandpre.info/saison-culturelle/janvier-2014/

dimanche 18 août 2013

Roselyne Bachelot à la Route du Rock 2013

La Route du Rock c'est génial, il y a plein de super concerts de groupes que seuls les gens comme toi et moi connaissent et tu peux en découvrir plein d'autres. Et tu peux croiser les membres de tes groupes locaux préférés de Trifoullis-les-oies au camping et boire une bière avec eux. Tu peux aussi faire un régime hamburger-collique et revenir sans avoir pris trop de poids.

J'avais déjà donné des conseils indispensables pour la survie en festival ici. Diantre ! trois ans déjà. Bon, j'ai oublié d'appliquer un ou deux d'entre eux comme se fixer un lieu de RDV par exemple. Youpi.
Bref, je vais révéler un petit truc : pour moi le meilleur endroit c'est devant la Régie son, parce que les ingés ou techs calent le son de cet endroit, donc il (le son) est bien équilibré et pas trop fort. C'est aussi là que tu vas rencontrer les journalistes de plein de magazines super sympas (ou pas) s'ils font un peu leur boulot et ne sont pas en train de picoler du champagne au bar VIP.
Donc, on pourrait se dire que c'est vraiment les puristes qui se mettent là, pour mieux écouter ? Non je ne me jette pas de fleurs en passant.
Et ben raté. Il y aussi les mecs qui connaissent les mecs du son et qui picolent et taillent une bavette devant la Régie. Oui ils sont arrivés à entrer avec une bouteille de rhum sur le site (il faut le faire vu la taille de la bouteille, c'était pas une miniature) mais je ne révèlerai pas le secret même si j'aurais préféré qu'ils ne l'eussent pu faire (gni ?). Pour info le coup de la Pom'Potes ça marche plus, j'ai vu faire ouvrir une compote devant moi.

Il y avait aussi trois jeunes femmes accréditées pour qui apparemment il était plus intéressant de discuter de leur coupe de cheveux que d'écouter le concert.

Avec lesgerards.com on a bien rigolé
Mais ta vie on s'en fout, on est là pour écouter le concert, bordel. Point.

C'est là qu'elle est, Roselyne. Et oui, fulminant je me suis souvenue de cette interview sur France Inter, où elle parlait de sa conversion au journalisme et de son expérience en politique. Les journalistes, dit-elle, commentent plus les robes des ministres féminins que leur programme.
Alors oui, accréditation ne veut pas dire journaliste, mais professionnel. En vrai certains travaillent surtout le côté relationnel, pas le professionnel. Mais pourquoi ne pas rester au bar dans ce cas ? On vous en voudra pas, et laissez-nous écouter tranquilles $%£ *ù *ù# !!!

Après cela reste-t'il une place pour parler de musique ? C'est en salle (de concert, pas de ciné !) qu'on fait les meilleures expériences. Mais Nick Cave, t'as raté Nick Cave ? Non mais allô quoi !!
Il faudra lire votre magazine ou blog préférés qui devraient se faire un plaisir de vous donner des détails. En attendant, je vais me coucher !

Un peu de pub pour un blog qui a fait son travail (à lire dans quelques jours) : http://www.jenesuispasunefille.com 

NB : séances de rattrapage sur Arte Live Web.
Voir ici : http://www.laroutedurock.com/arte-live-web-2/
Ou là : http://liveweb.arte.tv/fr/festival/Route_du_Rock_2013/

dimanche 23 juin 2013

Le cahier

Je le saisis, le soupèse et palpe sa texture, son épaisseur.
Je l'ouvre, le retourne, le feuillette et écoute le bruissement des pages.
Je lisse des deux mains sa couverture vieux rose et sa première page, suis les petits carreaux.
Je le contemple un instant, caméléon sur buvard vieux rose.
Je le retourne et lis " papier recyclé".
Que va-t'il contenir, que va-t'il raconter ?
Mes rêves et mes pensées
Mes mots, mes brouillons.
N'y tenant plus, je saisis un stylo.
Ca y est , il n'est plus vierge.

dimanche 4 mars 2012

Moisson d'hiver : Mansfield Tya, Michel Cloup, the Disciplines et Bertrand Belin

Mon hiver musical a commencé doucement. Il fut aussi surprenant, radieux et saisissant que celui que la météo nous a réservé.

Le plaisir des mots, je l'ai attendu, désiré, caressé, senti, balbutié. Il m'a laissée muette, riche de ces moments que l'on ne veut partager et dont on veut jalousement garder la sensation, de peur d'en perdre une bribe ou de la voir pervertie.

Mansfield Tya, elles ont la douceur, une force et un charme désarmants. Il y a de la complicité, des blagues, des sourires mutins. L'ambiance au Vauban à Brest était détendue et le plaisir partagé.





Il y a des gens dont on peut imaginer à quoi ils ressemblaient enfants. C'est ce qui m'a marquée quand j'ai vu Michel Cloup, il a gardé des yeux d'enfant. C'était dans la petite salle de la Carène, le Club, première date d'un pass découverte chanson française que j'attendais avec impatience. Il a dit, nous allons faire un voyage, mais ce ne sera pas triste. Que la colère soit une force, que l'art soit un baume et la musique un souffle de vie. Ca c'est moi qui le dit, mais c'est comme ça que je l'ai ressenti. Amen. Une tension palpable, une colère transformée, une énergie maîtrisée et offerte. Merci pour le voyage.



Bertrand Belin, c'est peu dire que je l'attendais. Deuxième date du pass découverte de la Carène, c'était celle qui justifiait les autres. La poésie de ses textes, écoutés à l'envie depuis plus d'un an, connus de mes oreilles et pourtant toujours nouveaux. Il n'est pas venu. En tout cas, pas celui que j'attendais. Un jumeau à la vocation cachée d'humoriste ou de jazzman incompris a pris sa place. Faire rire un public, même acquis est un exercice périlleux. Si la moitié de la salle est là pour découvrir, on peut frôler la catastrophe. Non, un concert ne doit pas se contenter de redire un album mais le revisiter. L'impro jazz, j'adore. Mais l'improvisation des textes doit être à la hauteur. Certains ont adoré. Certains sont partis. Dommage. Je remets "La Perdue" et je l'écoute en boucle.

Un concert à emporter de Bertrand Belin sur la Blogothèque : http://www.blogotheque.net/2010/09/20/bertrand-belin/


Le feu de la scène, les fourmis dans les jambes étaient là aussi. Les Hivernautes (Quimper) nous ont servi Mnemotechnic (yes !!! vivement l'album), Corleone et Stuck in the Sound. Les 30 ans de Fréquence Mutine m'ont permis de revoir mon jugement sur les Disciplines : n'hésitez pas, courez les voir en concert, ils sont aussi trépidants sur scène que l'album m'a paru pâlot.

Le regret : ne pas avoir pu être à deux endroits à la fois et rater le concert de Pamela Hute aux Hivernautes. Next time.

lundi 19 décembre 2011

Billet tardif

Après l'été et son tourbillon de festivals, les arbres ont sorti leur costume de clown pour résister à la tristesse du mois d'octobre.
Sans regret, j'ai retrouvé la tiédeur des salles obscures. Si la cuvée d'été fut agréable, elle n'a fait que permettre de patienter jusqu'à la prochaine moisson. Celle qui se joue en ce moment et permettra de se soûler de mots et guitares distordus.

Agnès Obel était trois à la Carène ce jour d'octobre brestois. Loin de la froideur mormone qui pare ses albums, Agnès Obel est apparue simple et contemporaine, timide derrière son piano, au bout de la scène, faisant face et place aux deux merveilleuses musiciennes (contrebasse et harpe irlandaise) et choristes qui l'accompagnent. Telles trois soeurs au tempérament différent, elles s'accordent à merveille et agissent comme un baume d'apesanteur sur une salle comble envoûtée par la pureté des voix et le son limpide des instruments. Bien plus qu'un écrin, l'acoustique de la Carène est un révélateur efficace.



Chokebore quelques jours plus tard, c'est un autre petit miracle du quotidien. La colère, l'amertume et la déception se concentrent en cette scène, torturent un Troy von Balthazar moins fatigué qu'au mois d'avril dernier. C'est excitant de voir comment dix ans plus tard ils ont adapté leur jeu de scène et renvoient toujours autant d'énergie.



Agnès Obel : http://www.agnesobel.com/
Chokebore : http://www.chokebore.net/

vendredi 11 novembre 2011

GaBLé m'a tuer

Non, j'avais dit plus de festivals ! Fini l'été et ses tournées marathon au soleil couchant "mais-si-on-va-voir-cinq-concerts-d'affilée-tu-vas-voir-c'est-mortel". L'ambiance, sans le son. Ou juste moyen. OK, le bon son des fois, mais jamais exceptionnel (oui, I love la Carène, ce lieu est une perle. Point). Des groupes exsangues, lessivés par leur road manager.

Mention spéciale en aparté à Art Rock, à PJ Harvey et Lou Reed (certains n'ont pas aimé, moi si) aux Vieilles Charrues, aux rares Black Angels et aux bondissants Skip the Use à Saint Nolff. Aucun moment qui n'ait cependant suscité l'extase.

J’avais aussi dit que j’allais arrêter de gribouiller des billets à 3h du mat’.
Et puis voilà, il y a eu cette affiche des Indisciplinées, superbe affiche du vendredi avec Wire et The Fall et The Shoes et Herman Düne.
Et ce soir Baxter Dury. Une invit pour ce soir et hop c’est reparti comme en 40. Je me tape un peu de bornes pour découvrir si la scène vaut l’album.

J’arrive, tournée de bisous, je découvre une salle chaleureuse et un groupe sympatoche. Et blabla. C'est cool, je me sens bien dans cet endroit, comme à la maison. Puis vient GaBLé.
Et là le vent se lève. Paf ! une droite. Tu l’as sentie celle-là ? Paf ! une gauche. On dirait de l’impro mais ce n’est pas de l’impro. Ca a l’air déstructuré mais c’est du millimétré. GaBlé t'emmène où tu ne sais pas et ça te plaît. Trois individus envahissent littéralement la scène sans pour autant bouger dans tous les sens. Bombardée d'uppercuts. Surprise et riant sous cape. Bonheur. Apparition, disparition. Saut. Le jeu de scène est à la limite du statique mais incroyablement efficace. Mimiques, onomatopées, bruits... Présence. Percutant, une richesse musicale et vocale incroyable, j'ai l'impression d'avoir trouvé le lien manquant, l'explication d'une vérité essentielle.

Et voilà comment GaBLé a effacé tout le reste de ma soirée, reléguant Kerenn Ann aux fossiles du rock (seuls les trois premiers morceaux ont passé ma muraille), rendant Baxter Dury emprunté face à leur fraîcheur, racolant du breton le verre de vin à la main et le petit doigt en l'air(puis trop de réverb sur le son, merde c’est fatigant pour les oreilles).
Il me fallait ça pour retrouver cette envie de sauter sur mon clavier (après Agnès Obel et Chokebore cependant, même si je n'ai pas publié). Voilà comment à 4h du mat’, j'écoute leur CD à fond m’en fout suis seule à la maison.
Leur style respire le même bonheur créatif que Chapi Chapo et les petites musiques de pluie.



GaBLé, le site c'est par ici : http://www.gableboulga.com/
Le myspace par là : http://www.myspace.com/gableacute

Merci pour la découverte GaBLé, et à bientôt.

lundi 4 juillet 2011

re-nouveau

Emménager de nouveau. Recommencer sans cesse et s'entourer du minimum vital. Quelques grigris indispensables pour avoir l'illusion de se sentir chez soi. Essayer de rendre familier cet endroit où l'on se sent bien mais où chaque objet a été décidé par un autre.
Inviter des amis pour se sentir moins seul. Chercher ses marques. Et poser son empreinte ultime, sa musique, pour parfaire l'ensemble.

01 Piaghella by zeroegalpetitinterieur

Merci à mon disquaire préféré Dialogues Musiques pour cette découverte.

http://soundcloud.com/zeroegalpetitinterieur/sets/o
http://ojerome.blogspot.com/2010/10/le-disque-est-un-manuscrit.html
http://www.myspace.com/ojeromeo

samedi 2 avril 2011

Les règles de Ladilyke Lily et le pénis de Troy von Balthazar

Avec un titre pareil, racoleur et tout j'ai presque envie de m'arrêter là.
Vous laisser là, balots face à ce titre provocateur sans en expliquer le pourquoi. Hummmm ... tentant.

Il n'y a pourtant pas à creuser bien loin. Hier soir, j'ai fait une infidélité à mes lieux de prédilections brestois. Direction le Manège à Lorient pour les concerts de Ladylike Lily et Troy von Balthazar. Date attendue depuis que j'ai reçu l'info par la newsletter de l'asso MAPL (PUB !).

Première fois en ce lieu dont on m'avait vanté l'acoustique, premier concert auquel j'ai pu assister parmi la belle programmation. Je ne peux que vous inciter à découvrir cette salle à l'occasion d'un concert. Petite certes mais bien agencée, bon son, bonnes lumières, ambiance sympa. Un bâtiment surprenant et magnifique (la prochaine fois j'en fais quelques photos en extérieur). Allez ! la minute Jean-Pierre Coffe est terminée.


En réalité (oui oui j'arrive au titre) je triche à peine. Ladylike Lily que je découvre n'est pas si innocente qu'elle en a l'air. Avant de décaper un peu, je peux dire que oui c'est bien. Le morceau en question, il parle des règles de sa soeur (voyez que je triche à peine). OK il faut oser, même si le thème est la difficulté de tomber enceinte. Que reprocher à cette jeune artiste qui semble savoir où elle va ? Qui amorce un dialogue avec le public alors que c'était apparemment son point faible il y a quelque temps ? Elle reste encore un peu dans sa bulle. Comme elle est dans cette vidéo vous la verrez sur scène. Et ça c'est l'effet loop. Le deuxième effet kiss cool n'est pas si cool. (NB : le monsieur qu'elle remercie au son est un des musiciens de Last Morning Soundtrack, groupe dont j'ai déjà parlé et que j'aime aussi beaucoup). Du bon, du bon !



Continuons la démonstration. Troy von Balthazar (allez voir wikipédia pour le pédigree) n'est pas un nouveau venu. Moins énervé sur scène que lors des concerts de Chokebore, on dirait qu'il roule une grosse pelle au micro quand il chante. Il commence seul sur scène, les yeux fermés (tout le concert quasiment), avec les loops. Ah oui encore des loops, comme disait Orianne (Ladylike Lily), il se passe plein de choses dans sa tête, c'est la façon de les faire sortir. Ben oui mais le résultat sur scène, c'est un artiste qui reste dans sa bulle. Et ça, les bulles, je connais !!!

Bref, le batteur de Chokebore et une bassiste le rejoignent, c'est plus speed. Parfait. Manquait les moments complices entre les membres du groupe que l'on aime tant percevoir. La batterie était bizarrement orientée de travers, sans faire entièrement dos au public malgré tout. Peut-être était-il triste ?
C'était beau, mais il aurait sans doute fallu apporter une longue plume pour les chatouiller un peu et les faire communiquer, c'est à dire "two way direction speech".
et hop ! chopé les yeux ouverts !



En attendant, moi je trouve ça rassurant que les artistes aient les mêmes préoccupations que nous, après tout, et qu'ils l'expriment aussi bien. On se sent moins seul, et on se sent mieux non ?

Allez, bisous !

De belles photos ici : http://www.julianelancou.fr/gallery/troyvonbalthazar/

Une vidéo que j'aime, pleine de petites étoiles et de malice ici



Troy von Balthazar : http://www.troyvonbalthazar.net/
et www.myspace.com/troyvonbalthazar
Ladylike Lily : www.myspace.com/ladylikelily

vendredi 4 mars 2011

Je veux être un chanteur Folk

Parce que si tu es un chanteur Folk, c'est sûr tu as une guitare et personne ne voit que tu as du bide. En fait, tu n'en as pas parce que tu es prof et que tu ne gagnes pas trop bien ta vie sauf pour t'acheter une super guitare et du coup tu manges des pâtes tous les jours. Tu en auras dans 10 ans, à force de boire des bières à la fin des tournées. Et des répets aussi.
En attendant tu peux porter des T-shirt loose mais près du corps (tout est là), et des jeans hors d'âge et rien qu'avec ça c'est vraiment trop la classe.

Regardez pas mes yeux, j'ai pas trop dormi. Juste mon T-shirt
Tu n'es pas obligé de vraiment chanter, tu peux poser une petite réverb comme ça sur ta voix, et ça passe nickel. Et puis tu peux fermer les yeux aussi si tu as des gros cernes de la soirée d'hier, c'est pas grave, c'est folk.

Tu chantes du folk et toi tu peux danser sur scène accroché à ta guitare alors que le public en bas, il peut pas, il n'ose pas parce que c'est du folk, alors on reste stoïque, on ne danse pas sur du folk.

Et comme tu chantes du folk tu peux caser comme ça "the more that I can do is share my loneliness with you", avec un petit air limite entraînant. Alors qu'en fait il vallait mieux ne pas comprendre les paroles cette fois. Ah oui parce qu'un des inconvénients du folk quand même, c'est que contrairement au rock où ça gueule pas mal et où les instruments couvrent souvent la voix du chanteur, là en fait on comprend ce que tu dis. Et ouais.

Après avoir bien plombé l'ambiance, tu vas quand même sussurer "with you", et avec ces deux mots-là tu as le pouvoir de faire évacuer toutes les tensions de la journée. Limite de faire tomber les armes. Moi ce matin, je me sentais plus en jambes pour un bon concert rock, mais là arrivée à 20h30, un concert folk avec la possibilité de s'assoir par terre parce qu'il n'y aura pas trop de monde (ben oui , c'est folk) ça me tentait pas mal avant d'aller dormir. Mais oui mais en fait non.

Ce soir c'était soirée Bretzel à la Carène et j'ai encore oublié mon appareil photo. Ah non ! Pas bretzel, Herzeld, du nom du label strasbourgeois. Il fallait que je place une blague pourrie, c'est fait. OK il y en a plus ? D'accord. Donc c'était soirée Herzfeld, annoncée soirée folk. Ah mais oui mais non. Le folk il a muté, les mecs, il faut se réveiller. Le folk mélange plein de pop, d'électro et même de rock. Faut suivre un peu aussi. Pop Folk. Mais pas que.

Je rate le 1er groupe, Original Folks. Tant pis ils ne passeront pas à la casserole cette fois.

Le suivant c'est The Second of June et franchement blagues à part j'ai accroché. Avec des références maîtrisées, des bonnes ! Cure. Je me suis demandée à un moment  si je ne m'étais pas trompée de soirée avec le Tribute to Joy Division, mais non, c'est la semaine prochaine. Aaron aussi. A ce stade, la soirée était gagnée. A écouter : "June the Third" (le fameux "with you"), "Litany", allez faire un tour sur leur myspace.

On ne peut pas dire que Roméo et Sarah ait réussi le même exploit du 1er coup. J'ai cru qu'on nous la faisait genre "Bonne nuit les petits", puis "dégagez, ya plus rien à voir" avec tour à tour un morceau trèèèèès lent dont le seul élément intéressant que j'ai retenu est la trompette (ok, il y avait aussi la belle voix de la chanteuse) puis un morceau trèèèèès strident et énervant. Et ensuite un morceau pour des vacanciers en Corée qui m'a surtout fait penser à Hawaï mais encore plus à prendre la poudre d'escampette lorsque la chanteuse s'est mise à répèter des mots au synthé. Sur ce, je vois le bassiste qui commence à s'énerver genre danse de saint guy mais juste le haut du corps. Et non il n'est pas sous ecstasy. On dirait qu'il va crier "putain de bordel de merde, c'est pas bientôt fini ces conneries ????" Et là, c'est la classe, un morceau énooooorme, qui part en live genre dans ce qu'il y a de meilleur, entre une impro de jazz ou de Sonic youth. Rien à voir, je sais, mais c'est comme ça que je l'ai vécu. Le morceau qui sauve le reste. Jusque là je me demandais où ils voulaient en venir. Brouillon quoi.

Alors là après c'est THE surprise, pas annoncée. Et ben il fallait RESTER !!! Et c'est ce que j'ai fait, trop cool non ? Herzfeld Orchestra, c'est un mix des trois groupes. Tournante de chanteur, style aléatoire. Ou roulette russe au choix, un coup déprime, un coup festif. C'est dans le festif qu'ils sont meilleurs, il s'amuse et nous aussi, ce bagad strasbourgeois, qui n'est pas sans me rappeler I am from Barcelona.


Label Herzfeld : http://www.myspace.com/herzfeldlabel
A second of June : http://www.myspace.com/asecondofjune
Romeo and Sarah : http://www.myspace.com/romeosarah
Original Folks : http://www.myspace.com/originalfolks

samedi 26 février 2011

Indignez-vous !

Le livret (moins de 30 pages) de Stéphane Hessel paru fin 2010 pour 3 euros (à ce prix-là, ça vaut le coup de se faire une idée) commence tranquillement à faire des petits. On en parle dans Télérama, on en parle à la radio. On le cite en référence lorsque l'on parle d'un écrivain, qui s'indigne justement.
Je ne vais pas faire la présentation de ce jeune militant de 93 ans, d'autres comme wikipédia s'en sont chargés avant moi.

Non, ce qui m'a donné envie de réagir et d'en parler, ce sont les deux émissions que j'ai entendues jeudi sur France Inter et Europe 1.
Jeudi midi, café découverte sur Europe 1 : Brasillac fusillé il y a 66 ans.
Jeudi soir, 5/7 boulevard sur France Inter interview Pierre Daix pour son dernier bouquin, "Des forteresses aux musées" (voir ici la présentation du Monde Livres).
Deux émissions sur des écrivains de la deuxième guerre mondiale, deux personnages aux antipodes, deux destins qui ont le mérite de nous faire réfléchir et qui finalement tendent vers une même conclusion : "seule l'histoire juge qui a raison" dit Brasillac.

Le plus évident, c'est Pierre Daix et son livre que je ne manquerai pas de lire. Il a cotoyé Aragon et Picasso, il a survécu, il était "du bon côté". Mais le communisme et ses charniers ont aujourd'hui montré leurs limites. Se replonger dans notre passé, nous le devons pour construire l'avenir.

Quant à l'émission sur Brasillac, c'est François Maurillac qu'elle me donne envie de lire avant tout. "...L'épuration à Paris presque toute concentrée sur les écrivains ... ce qu'il y a de meilleur en France ne se console pas de la destruction d'une tête pensante, aussi mal qu'elle ait pensé."

Ne l'oublions pas, avec nos grandes idées. Continuons à penser, dire, seuls ceux qui se taisent ont toujours raison. Quand on se trompe en France on en paye les conséquences. On aime lapider les gens, même si ce ne sont plus des pierres que nous utilisons. N'est-ce pas de cela qu'il faut s'indigner pour commencer ?

Avancer avec le respect de l'autre et ne pas oublier que la vérité est ailleurs. Après nous en fait, et sans doute ne la connaîtrons-nous jamais ...